Fraudes Internet : perte subie en Belgique estimée à 68 millions d’euro en 2009

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

Police fédérale

02/07/2010

Fraudes Internet : perte subie en Belgique estimée à 68 millions d’euro en 2009

La police fédérale en 2009 : résultats de la Direction criminalité économique et financière

BRUXELLES, 02/07/2010. – La Direction criminalité économique et financière (DJF) de la Police judicaire fédérale peut, pour 2009, présenter de beaux résultats et, à nouveau, prouver qu’elle est un partenaire indispensable dans le cadre de la lutte contre la fraude, les contrefaçons, le blanchiment, la corruption, la criminalité informatique, … Des investissements considérables ont été réalisés dans l’amélioration du fonctionnement de la Direction, dans la collaboration internationale et dans l’appui fourni à la police locale.

Dans la situation financière et économique actuelle, les prochaines années promettent d’apporter de nombreux défis à la DJF. Parallèlement, deux priorités du plan national de sécurité 2008 – 2011 relèvent de la compétence de la Direction criminalité économique et financière : la criminalité économique et financière grave (corruption, fraude et blanchiment) et la criminalité informatique grave.

Quelques résultats importants en 2009 :

- Carrousel à la TVA : 1,1 milliards d’euro d’avantages patrimoniaux illégaux en 2001 ramenés à 93,6 millions en 2009.

- L’année de crise a fait augmenter le nombre de délits d’initiés et de manipulations de cours.

- Augmentation de la charge de travail relative à la corruption : 31% de missions supplémentaires transmises par les magistrats et 5% de dossiers en plus pour le service en 2009.

- Faux billets d’euro : augmentation de 31 % par rapport à 2008.

- Faux documents : nouveau phénomène de « look alike » se maintient.

- Cartes bancaires bloquées en Belgique : 25% de plus.

- Le skimming est de plus en plus clairement la spécialité des auteurs itinérants.

- Fraude Internet : la médiane de la perte subie par une victime est de 945 euro par victime.

- Escroqueries ‘sans l’usage d’Internet’ augmentent d’environ 9%.

Les réalisations et les résultats principaux de 2009

1. Le carrousel à la TVA

Grâce à la lutte contre les carrousels à la TVA, la perte pour l’Etat belge a diminué de 1,1 milliards d’euro en 2001 à 93,6 millions d’euro en 2009 (chiffres communiqués par la Cellule de soutien TVA).

14,6 millions d’euro de cette perte subie par le Trésor sont dus à la fraude organisée classique. A côté de cela, un nouveau phénomène est apparu : un nombre limité de groupes d’auteurs a pu, en un temps très court, bénéficier d’un avantage patrimonial illégal de 79 millions d’euro et ce, grâce à une fraude à la TVA avec droits d’émission (fraude au CO2).

Si l’on considère que la fraude reste constante quand on ne s’y attaque pas, on a alors empêché, grâce aux efforts fournis par la police et le fisc, que 8 milliards d’euro de fraudes supplémentaires ne soient supportés par le Trésor entre 2001 et 2009. Ces efforts doivent être maintenus dans le futur.

Ces chiffres sont le résultat de la collaboration unique entre des fonctionnaires du SPF Finances et de la police fédérale au sein de la Cellule de soutien TVA créée en 2001. Plusieurs pays européens ont montré de l’intérêt pour ce modèle.

2. Délits d’initiés et manipulations de cours

En 2009, année de crise, neuf dossiers ont été traités par la DJF. Les années précédentes, ce délit était pratiquement inexistant. Cela montre, qu’en période de crise, certains initiés tentent de mettre leur patrimoine en sécurité mais que la police et la justice ont été attentives à ce type de délit.

3. Blanchiment

En 2009, le nombre de demandes de renseignements de la Cellule pour le traitement des informations financières (CIF) est demeuré plus ou moins constant par rapport à 2008. La CIF a également effectué 4.925 demandes de renseignements (en 2008 : 4.875).

Parmi ces questions, 1.020 (environ 20%) ont été transmises au parquet compétent.

Au sein de la CIF, les officiers de liaison de l’Office central de lutte contre la délinquance économique et financière organisée (OCDEFO) ont traité 17.170 déclarations de blanchiment. C’est, encore une fois, un record absolu. Durant l’année record de 2008, il y en avait eu 15.544 et en 2007, 12.830.

La collaboration avec la Cellule pour le traitement des informations financières (CIF) s’améliore d’année en année.

La collaboration avec la France et les Pays-Bas s’est également intensifiée : 17% de dossiers en plus.

4. Corruption

En 2009, les magistrats ont introduit 31% d’apostilles en plus dans le cadre d’enquêtes relatives à des faits de corruption. Cela a généré une augmentation de la charge de travail de l’Office central pour la répression de la corruption (OCRC).

De plus, en 2009, l’OCRC a ouvert 106 nouveaux dossiers, ce qui représente 5% de plus par rapport à 2008.

La tendance existante en 2008 au sein des PJF des arrondissements (surtout dans les PJF de taille moyenne ou petite) à laisser travailler l’OCRC de manière autonome en le chargeant de dossiers pour des raisons de sensibilité ou de complexité se poursuit en 2009.

Depuis février 2009, une équipe spécialement créée sous la direction de l’OCRC s’occupe, à Charleroi, des dossiers de corruption les plus importants qui ont touché la ville les dernières années.

Cela explique, en grande partie, les 31% d’apostilles en plus introduites dans le cadre d’enquêtes en matière de corruption.

5. Faux

Contrefaçon de pièces et de billets d’euro

§ En 2009, 10.517 fausses pièces de monnaie ont été découvertes en Belgique. Cela représente une diminution de plus ou moins 30% par rapport à 2008 (14.548), qui correspondait déjà à l’époque à une forte diminution (35% par rapport à l’année record de 2007). Cette diminution peut être expliquée par le fait de l’intervention des services des polices espagnole et italienne qui, dans le cadre d’une collaboration européenne, ont découvert plusieurs endroits où des pièces étaient frappées illégalement.

C’est principalement la pièce de deux euros (73% des contrefaçons) qui est populaire chez les faussaires. La fabrication semble s’être déplacée d’Italie vers l’Espagne et la Turquie.

Il ne faut pas perdre de vue que plus de 83,7 milliards de pièces d’euro sont en circulation. Comparativement, le nombre de pièces contrefaites reste donc minime.

§ En 2009, 30.675 faux billets d’euro ont été découverts en Belgique; cela correspond à une augmentation de 31% par rapport à 2008 (21.074). Le billet de 50 euro reste le plus contrefait (presque 50%) mais le nombre de billets de 20 euro a augmenté par rapport à 2008. La majorité des billets d’euro contrefaits est toujours originaire de l’Italie et de la Bulgarie.

Au total, 12,6 milliards de billets d’euro sont en circulation dont plus ou moins 300 millions en Belgique (donc 1 sur 10.000 est faux).


Faux documents

Le nombre de faux documents découverts diminue pour la deuxième année consécutive : de 4.006 en 2007 à 3.556 en 2008 et à 3.158 en 2009 (- 22%). Cela est dû au fait que les criminels s’adaptent. Le phénomène « look alike » continue sa percée. « Look alike » est un phénomène par lequel les criminels disposent d’un arsenal de documents d’identité (vrais) volés. Au lieu de contrefaire les documents ou de les falsifier, on cherche des documents existants volés sur lesquels les données relatives au physique, à l’âge, la race ou encore l’origine correspondent le mieux à la personne qui souhaite acheter le document.

La tendance à la baisse des faux documents et l’importance accrue du modus operandi « look alike » sont confirmées par les partenaires européens.

Appui à la police locale

L’Office central pour la répression des faux (OCRF) a consacré jusqu’à 75% de ses activités à l’appui à la police locale. Les services de police locale envoient des documents pour analyse, afin par exemple vérifier si ces derniers sont falsifiés ou pour que l’OCRF effectue un contrôle plus approfondi. L’OCRF dispense également des formations aux zones de police locale.

6. Criminalité Informatique

De plus en plus de criminels voient en l’espace cybernétique un terrain de travail idéal et relativement sûr pour récolter de l’argent et développer leur propre puissance. Pour ce faire, ces derniers tentent d’avoir accès aux ordinateurs des particuliers et des entreprises en les infectant avec des virus dangereux et de prendre leur contrôle grâce à des chevaux de Troie. Grâce aux systèmes informatiques piratés, ces criminels créent des réseaux illégaux d’ordinateurs zombies (« botnet »).

Un exemple démontrant à quel point notre société est devenue fragile : début 2009, le réseau informatique d’un hôpital a été entièrement ravagé par le virus « conflicker ».

Botnet

Afin de garantir la sécurité de l’espace cybernétique, nous devons limiter le nombre d’infections qui touchent les ordinateurs et démanteler les réseaux informatiques criminels. En 2009, la FCCU a démantelé 14 serveurs contrôlant ces « zombies » (botnet). Pour ce faire, cette dernière collabore étroitement avec Cert.be créé en septembre 2009.

L’analyse d’un de ces serveurs a montré qu’en deux mois, un malware avait été envoyé 5,7 millions de fois à environ 328.000 adresses IP dont 1316 en Belgique. En démantelant ces serveurs, on a pu éviter qu’encore plus de systèmes informatiques ne soient infectés.

Nous devons cependant rester réalistes : mettre une fin à ces quelques serveurs ne signifie certainement pas la fin des réseaux informatiques criminels mais cela montre que l’on est capable de toucher les cybercriminels dans le développement de leurs instruments et ainsi de diminuer leur chance de réussite.

eCops

En 2009, 16.407 infractions sur Internet ont été déclarées au point de contact eCops. C’est 12 pourcent de plus qu’en 2008. Le point de contact gouvernemental automatisé eCops est disponible pour le grand public sur Internet via le site www.ecops.be. Via ce site web, un internaute belge peut signaler à la police les infractions qu’il constate sur Internet tant qu’il n’en n’est pas victime. Le site est actuellement référencé chez tous les principaux fournisseurs de services Internet belges en tant que point de contact de la police.

La collaboration avec le SPF Economie se poursuit et se déroule bien.

La Federal computer crime unit (FCCU) a constaté que 60% (9.891) de tous les signalements exploitables via eCops concernaient des faits punissables. En 2002, il ne s’agissait encore ‘que de’ 2.390 cas. Il s’agit d’une augmentation de 400% en sept ans. La FCCU rencontre de plus en plus de signalements en matière de délits économiques et financiers.

Fraude sur Internet

La Cellule fraude sur Internet a constaté que la médiane de la perte subie par une victime de fraude sur Internet s’élevait, l’année passée, à 945 euro. Une victime belge a même perdu quelques 600.000 euro en spéculant en bourse sur des barils d’huile inexistants. Après trois diminutions successives (400 euro en 2008, 750 euro en 2007 et 1.200 euro en 2006), il est à nouveau question d’une forte augmentation. Sur base de ces données, la perte effective subie en 2009 par l’ensemble des victimes belges peut être estimée à environ 25.800.000 euro (pour 10 millions d’euro en 2008). Mais le phénomène connaît un chiffre noir important. En tenant compte de ce dernier, la perte estimée en 2009 s’élève à un peu moins de 68 millions d’euros.

Nous souhaitons informer les citoyens de deux nouvelles tendances en matière de fraude Internet : « les petites annonces automobiles frauduleuses » et la nouvelle forme d’hameçonnage (phishing) qu’est le « whaling ». Pour ce faire, les escrocs piratent les boîtes e-mails ou les comptes sur des réseaux sociaux (facebook, LinkedIn,…) de préférence de personnes ayant de nombreux contacts et résidant souvent à l’étranger. Les escrocs envoient alors envoient des messages SOS aux contacts de la victime. Ces messages créés sur mesure par rapport au profil de la victime. Dans ces messages, de l’argent est demandé. La chance de succès est grande car la demande d’argent semble émaner d’une personne de confiance.

Fraude aux cartes de paiement

En 2009, 1.125.000 cartes de paiement (cartes de banque et cartes de crédit) ont été bloquées en Belgique par Atos Worldline (augmentation de 25%). Le nombre de cartes de crédit bloquées a, quant à lui seul, été multiplié par quatre. Plus précisément de 62.000 en 2008 à 230.000 en 2009. Dans la plupart des cas, il s’agissait de blocages préventifs suite à une augmentation du nombre de cas de skimming (vol des données se trouvant sur la piste magnétique de la carte) en Belgique et à l’étranger. Il y a également eu un certain nombre de cas de piratage et ce, entre autres aux Etats-Unis et en Espagne.

Plus ou moins 178.000 cartes de paiement ont été bloquées suite à un vol souvent suivi d’une fraude Internet (shouldersurfing, social engeneering).

Environ 600.000 cartes ont été bloquées après que le titulaire ne retrouve plus ses cartes (54% du nombre total de cartes bloquées).

Le nombre de faits de skimming enregistrés par la police a, les dernières années, plus que doublé (859 en 2009 par rapport à 639 en 2008 et à 419 en 2007) et les auteurs itinérants se sont de plus en plus intéressés et spécialisés dans cette forme de criminalité informatique.

Recherches sur Internet

L’année dernière, la FCCU a effectué 1.740 réquisitions concernant des identifications d’usagers d’Internet et plus précisément d’utilisateurs d’adresses e-mail, d’adresses IP et de pseudonymes. C’est une diminution de 10% par rapport à 2008. En 2002, il n’y en avait que 358. En sept ans, on a constaté une augmentation de 500%.

7. Escroqueries

Depuis 2007, la Federal unit against swindling and for ecofin-documentation (FUSE) fait une distinction entre les escroqueries commises en faisant usage d’Internet ou non. Dans cette dernière catégorie, on a constaté, en 2009, une augmentation d’environ 9% : 7.285 faits enregistrés en 2009 par rapport à 6.370 faits en 2008.


Mission et organisation de la Direction criminalité économique et financière (DJF)

La mission de la Direction criminalité économique et financière est de contribuer à la maîtrise et à la lutte des phénomènes déstabilisants la société sur le plan de la criminalité financière et économique grave et organisée, la corruption, la criminalité ICT et les faux.

DJF remplit sa mission en développant et en livrant :

- un appui conceptuel, opérationnel et technique (entre autres aux directions de la police fédérale dans les arrondissements ou lors d’enquêtes de patrimoine) ;

- des informations, une expertise et une coordination ;

- une capacité de recherche hautement spécialisée (par exemple, la FCCU pour l’analyse malware).

Fin 2009, la DJF était composée de 253 collaborateurs dont 24 sont issus du SPF Finances.

DJF est constituée de six services :

§ L’Office central pour la répression de la corruption (OCRC) ;

§ L’Office central pour la répression des faux (OCRF) ;

§ L’Office central de la lutte contre la délinquance économique et financière organisée (OCDEFO) ;

§ La Federal computer crime unit (FCCU) ;

§ La Federal unit against swindling and for ecofin-documentation (FUSE) qui se focalise sur la lutte contre l’escroquerie et qui gère les banques de données ;

§ Le Service personnel et organisation (P&O), une service d’appui au sein de la DJF.

Le rapport d’activités de la Direction criminalité économique et financière de la Police judiciaire fédérale peut être consulté sur le site Internet de la police fédérale : http://www.polfed-fedpol.be/pub/rapport_activites/pdf/2009_ecofin_fr.pdf.

Tine Hollevoet

Porte-parole

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté(e) pour poster un commentaire.