Agression sexuelle entre enfants: école genevoise sous le choc

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Agression sexuelle entre enfants: école genevoise sous le choc

ENQUÊTE | Trois élèves de 11-12?ans s’en sont pris à un camarade à l’Ecole de La Tour. Les 4 écoliers ont été déplacés. L’affaire crée la stupeur dans le monde scolaire.

© Steeve Iuncker Gomez | Les écoliers de La Tour ont commis des actes d’ordre sexuel sur un camarade.
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Laurence Bézaguet | 16.06.2010 | 08:57

C’ est la fin de l’année scolaire, le temps des sorties et des rires entre copains. Une classe de 5e primaire ne participera pourtant pas au camp qui lui était promis. Personne n’a le cœur à s’amuser après la très grave affaire qui a récemment secoué l’Ecole de La Tour, au Grand-Saconnex: trois jeunes garçons ont agressé sexuellement un camarade de leur âge. Semble-t-il à plusieurs reprises… et dans l’école même!

«La Brigade des mineurs a mené une enquête. Les élèves concernés ont été entendus par la police et un juge pour enfants. Des faits graves ont été constatés», informe Jean-Luc Boesiger, directeur par intérim de la scolarité de l’enseignement primaire.

Comment des mômes de 11-12?ans ont-ils pu commettre des actes à caractère sexuel sur un garçon de leur propre classe? Comment est-il possible que personne n’ait «rien vu»?

«Un coup de tonnerre dans un ciel calme»

«C’est un coup de tonnerre dans un ciel calme», réagit Jean-Luc Boesiger. «La gravité présumée des faits est très nouvelle pour le Département de l’instruction publique. Tout un travail d’élucidation et de compréhension doit être mené.» Une chose est sûre: le DIP n’entend pas minimiser la situation. «La dimension réparatrice est primordiale. Les enfants touchés par cette affaire doivent pouvoir se projeter dans l’avenir», explique le directeur par intérim de la scolarité de l’enseignement primaire.

Transférés dans d’autres écoles

Des mesures ont ainsi immédiatement été prises: les quatre jeunes ont été transférés dans d’autres établissements. «Il était impératif de les éloigner de leur école pour les protéger, ainsi que les autres élèves de la classe», relève le cadre du DIP.

Il ne cache pas que ceux-ci peuvent toutefois se rencontrer dans leur quartier: «Pour des enfants de cet âge, des mesures d’éloignement plus sévères ne sont pas pertinentes.»

Le choc est immense au Grand-Saconnex. «Des actes à caractère sexuel ont déjà été perpétrés il y a quelques années dans cette école», relèvent des parents.

Et de mettre en cause «l’effet de groupe qui a visiblement une nouvelle fois joué un rôle déterminant dans cette agression. La jeune victime était nouvelle à La Tour, elle a été prise en grippe par des meneurs.»

Le DIP ne tient bien sûr pas à commenter les faits. «Notre rôle consiste à s’assurer que la scolarité des uns et des autres se déroule au mieux. Les services compétents décideront des mesures éducatives à prendre. Nous devons aider les écoliers et leurs familles à surmonter cet épisode. Des espaces de parole et d’écoute ont été organisés», poursuit Jean-Luc Boesiger. Des professionnels de l’Unité d’urgence de l’Office médico-pédagogique sont intervenus dans la classe de 5e primaire. Les élèves sont, semble-t-il, très secoués par ces événements. Pas facile pour les parents de devoir évoquer de telles choses avec des mômes aussi jeunes qui ont de la peine à mettre des mots sur ce qui s’est passé.

Dispositifs de prévention à changer?

Une séance d’information, en présence d’un psychologue de l’Office médico-pédagogique et d’un médecin, a aussi été proposée aux parents. «Cette affaire interpelle le DIP. Elle va faire l’objet d’un projet en lien avec la violence en milieu scolaire.

»Nos dispositifs de prévention et d’intervention ne correspondent peut-être plus à l’évolution sociétale», conclut Jean-Luc Boesiger.

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